Neuf organisateurs de salons sur dix utilisent désormais l’intelligence artificielle quelque part dans leur activité. C’est le chiffre choc du 37ᵉ baromètre mondial de l’UFI, l’enquête de référence du secteur depuis la crise financière de 2008. Mais derrière cette adoption massive, le même rapport pointe un refroidissement des prévisions de croissance qui devrait interpeller tous les organisateurs de salons professionnels.
Chaque semestre, l’UFI (Union des Foires Internationales) interroge des centaines d’entreprises d’organisation de salons à travers le monde pour prendre le pouls du secteur. La 37ᵉ édition de son Global Exhibition Barometer, qui a sondé 466 entreprises dans 59 pays, confirme une bascule que beaucoup pressentaient sans en avoir la mesure exacte : l’intelligence artificielle n’est plus un sujet d’expérimentation dans les salons professionnels, elle est devenue un outil massivement déployé. Mais le même baromètre invite aussi à la prudence, avec des signaux économiques plus contrastés qu’il n’y paraît.
Une adoption de l’IA quasi généralisée
Le chiffre central du baromètre parle de lui-même : 91 % des entreprises d’organisation de salons dans le monde utilisent désormais l’intelligence artificielle dans au moins une partie de leur activité. Matchmaking entre exposants et visiteurs, qualification de leads, génération de contenus, analyse de données post-événement : les usages se sont multipliés et diversifiés en quelques années à peine. Pour les organisateurs qui n’ont pas encore franchi le pas, ce chiffre agit comme un signal clair.
L’IA dans l’organisation événementielle n’est plus un facteur de différenciation, elle devient un standard implicite du secteur comme nous pouvons le voir dans cette vidéo.
Des prévisions de croissance qui se refroidissent
Ce qui rend ce baromètre particulièrement intéressant, c’est le contraste qu’il révèle. Si l’adoption technologique explose, les perspectives de croissance du secteur, elles, se refroidissent. Le rapport souligne également l’impact du contexte géopolitique sur certaines régions du monde, notamment dans le Golfe, où une part importante des entreprises interrogées rapporte des reports, des réductions de participation, voire des annulations d’événements liés à l’instabilité régionale. Un rappel utile que la donnée technologique et la donnée économique ne racontent pas toujours la même histoire.
Ce que cela change concrètement pour les organisateurs
Pour un organisateur de salon professionnel, ce baromètre invite à une double lecture. D’une part, ignorer l’IA dans ses outils de gestion devient de moins en moins tenable face à une concurrence qui l’a déjà largement intégrée. D’autre part, la prudence sur les prévisions de croissance invite à ne pas construire ses investissements technologiques sur l’hypothèse d’une expansion continue et automatique du marché.
Le vrai enjeu n’est donc plus seulement d’adopter l’IA, mais de choisir les bons outils, ceux qui répondent à des problèmes concrets d’exploitation plutôt qu’à un simple effet de mode, dans un contexte économique par ailleurs plus incertain qu’il n’y paraît.
Ce 37ᵉ baromètre UFI dessine un secteur à deux vitesses : technologiquement en avance, mais économiquement prudent. Pour les organisateurs de salons, le message est clair : l’IA n’est plus une option, mais son adoption ne suffira pas à elle seule à sécuriser la croissance des prochaines années. La vraie valeur ajoutée se jouera dans la capacité à transformer cette adoption technologique généralisée en avantage concret, mesurable et différenciant, plutôt que dans le simple fait de suivre la tendance. Qu’en pensez-vous ?
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