La Banque des Territoires veut renforcer son action sur les destinations MICE durables. Son rôle ne se limite plus au soutien ponctuel de projets locaux. L’institution entend accompagner les territoires qui veulent faire évoluer leur offre de tourisme d’affaires dans un cadre plus durable.
Elle agit pour cela avec des outils financiers, mais aussi avec des partenaires de la filière, notamment France Congrès Événements. Pour les professionnels de l’événementiel, ce positionnement mérite attention. Il relie en effet plusieurs sujets très concrets : l’avenir des lieux d’accueil, la capacité d’investissement des territoires, et la montée en puissance de critères plus exigeants dans l’organisation des événements.
Des financements ciblés pour accompagner la transformation des lieux
La Banque des Territoires inscrit son action dans un cadre plus large de transition écologique des territoires. Elle a notamment annoncé une enveloppe de 1,2 milliard d’euros sur cinq ans pour compléter le Fonds Vert de l’État. L’objectif est d’aider les collectivités et les porteurs de projets à financer des opérations liées à la rénovation, à l’efficacité énergétique ou à l’adaptation au changement climatique.
Pour les lieux événementiels, cette logique peut concerner plusieurs types de projets. Les palais des congrès, les parcs d’exposition ou d’autres équipements d’accueil doivent aujourd’hui composer avec des attentes plus fortes sur la performance énergétique, les mobilités, l’eau ou la gestion des ressources. Dans ce contexte, les financements ne portent pas seulement sur les bâtiments eux-mêmes. Ils peuvent aussi soutenir les études, l’ingénierie et l’accompagnement en amont.
La Banque des Territoires s’appuie également sur d’autres leviers, comme le Fonds Tourisme Durable. Ce dispositif vise les petites entreprises situées dans des communes de moins de 30 000 habitants. Il peut financer des actions très concrètes, par exemple l’installation d’équipements moins consommateurs en eau, le recours à des circuits courts ou des démarches de réduction des déchets.
Pour les acteurs de l’événementiel, ce point n’est pas secondaire. Une destination MICE durable ne repose pas uniquement sur un centre de congrès rénové. Elle dépend aussi de l’ensemble de la chaîne locale d’accueil, de l’hébergement à la restauration. Dès lors, l’enjeu ne consiste pas seulement à moderniser un site, mais à rendre l’offre territoriale plus cohérente et plus lisible pour les organisateurs.
Un cadre plus structuré pour les destinations et les organisateurs
La Banque des Territoires soutient aussi la structuration de la filière à travers des référentiels partagés. C’est dans ce cadre qu’elle accompagne le label Destination Innovante Durable, porté par France Congrès Événements. Cette démarche vise à aider les destinations à formaliser leurs engagements et à mieux coordonner les acteurs publics et privés autour d’objectifs communs.
Le référentiel a évolué avec une version 2 qui renforce certains critères. La mesure de l’empreinte environnementale, notamment sur les émissions de gaz à effet de serre, y prend une place plus importante. D’autres sujets restent également au centre de l’évaluation d’un évènement durable, comme l’alimentation, les achats, la gestion des ressources ou les conditions de travail.
Pour les agences, les prestataires et les annonceurs, cette évolution change progressivement la lecture des destinations. La capacité d’accueil ou l’accessibilité ne suffisent plus à elles seules. Les organisateurs regardent aussi la manière dont un territoire structure sa démarche, implique ses partenaires et suit ses engagements dans le temps.
À ce jour, dix-neuf villes françaises disposent déjà de cette certification, tandis que d’autres territoires travaillent à leur candidature. Cela montre que la durabilité devient un axe de différenciation de plus en plus visible dans le tourisme d’affaires. Pour le marché MICE, la Banque des Territoires ne crée donc pas un mouvement à elle seule. En revanche, elle contribue à lui donner un cadre plus stable, avec des outils de financement et des repères communs pour les destinations qui veulent avancer.
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