Le 14 janvier 2026, à l’hôtel Higuerón de Málaga, Danone Nutricia a lancé son séminaire « SuNRise » avec une « Domino Experience » pilotée par l’agence belge Ecco La Luna. Le dispositif donne l’échelle dès l’entrée : 300 participants, 80 000 pièces, 30 zones de construction, et une logistique déployée depuis la Belgique.
Pour les professionnels, l’intérêt n’est pas seulement l’effet visuel. L’opération montre surtout comment sécuriser un format très fragile à grande jauge, sans perdre de temps sur la production. Préparation des îlots, gestion des flux, intégration du démontage dans l’expérience, optimisation des temps d’exploitation de la salle. Autant de choix concrets qui transforment une animation spectaculaire en démonstration de pilotage. Au-delà du show, cette production transfrontalière illustre un point clé du MICE européen. Notamment la capacité de prestataires spécialisés à standardiser l’exécution et la qualité d’expérience, même à plus de 2 000 kilomètres de leur base, en gardant la main sur les méthodes, le matériel et l’organisation terrain.
Une projection opérationnelle de 2 000 kilomètres sans faille
Pour les professionnels du secteur, la réussite d’un tel événement ne se mesure pas uniquement à l’applaudissement final, mais à la maîtrise de la chaîne logistique en amont. Ainsi, l’agence a opté pour une stratégie de contrôle total en acheminant son propre équipement depuis la Belgique.
L’agence a préféré tout maîtriser. Notamment : matériel, organisation, méthode, et transport depuis la Belgique. Cela veut dire un convoi, une route longue, plusieurs pays traversés, les aléas de l’hiver, et les imprévus qu’on ne contrôle jamais totalement quand on déplace des volumes importants.
Et une fois sur place, le plus dur commence souvent. La salle doit changer de nature : elle n’est plus une salle de conférence, c’est un atelier. L’espace a été découpé en 30 zones distinctes, préparées à l’avance avec des gabarits, des plateaux, des repères clairs. L’idée est simple : quand 300 personnes entrent dans une salle, il faut que tout soit prêt. Sinon, on perd du temps, on crée de la confusion, et l’énergie retombe avant même d’avoir démarré. Là, au contraire, tout est “pré-mâché” pour que les équipes puissent se mettre au travail immédiatement.
Même le démontage a été traité intelligemment. Souvent, c’est la partie pénible, celle qu’on veut expédier. Ici, elle fait partie de l’expérience. Après le show, les participants ont été mobilisés pour trier les pièces par couleur, de façon chronométrée. Résultat : salle libérée en moins de cinq minutes, camion rechargé en 45 minutes. Pour l’hôtel, c’est un vrai avantage (rotation des espaces). Pour le prestataire, c’est un gain direct sur les temps et les coûts. Et pour le client, c’est la preuve que l’expérience est pensée jusqu’au bout.
La fragilité du dispositif comme levier pédagogique de résilience
Sur le fond, ce format n’a rien d’anodin. Une activité “domino” à grande échelle, c’est fragile par nature. Et c’est justement ce qui en fait un bon outil de cohésion. Chaque équipe construit sa zone, oui, mais elle doit la connecter aux autres via des points précis. Donc impossible de se dire : “nous, on fait notre part et le reste ne nous concerne pas.” Si une équipe décale un élément ou rate une jonction, elle met directement l’équipe d’à côté en difficulté. Cette dépendance forcée ressemble beaucoup à ce qui se passe dans une grande entreprise : une décision, un retard, une erreur, et c’est toute la chaîne qui ressent l’impact.
Et puis il y a eu le direct, avec sa part d’imprévu. Lors du déclenchement final, la réaction en chaîne s’est interrompue à plusieurs endroits. Certains segments ont résisté et n’ont pas basculé comme prévu. Dans un autre contexte, tout le monde aurait pu y voir un “raté”. Là, ça devient presque la meilleure séquence de l’exercice : les équipes doivent intervenir, relancer, aider, se coordonner vite, sans chercher un coupable. Ce moment illustre très bien une réalité du quotidien : les plans sont rarement parfaits, mais ce qui fait la différence, c’est la capacité à réagir ensemble.
Enfin, l’expérience fonctionne aussi parce qu’elle joue sur un contraste émotionnel très fort. Pendant la construction, tout le monde est concentré, précis, presque silencieux. Puis arrive la chute : c’est un relâchement total, un moment collectif qui marque. Et quand on accepte qu’il y ait des accrocs, qu’on les corrige ensemble, on ancre une idée simple : la performance n’est pas seulement dans l’exécution “propre”, elle est dans la capacité à se serrer les coudes quand ça déraille. C’est là que ce type d’événement dépasse le divertissement et devient un vrai outil de message interne.
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