Séoul veut franchir un cap dans la compétition des destinations évènementielles. La municipalité a annoncé son intention de lancer deux événements « signature ». D’une part, un « Seoul-style CES » centré sur l’innovation. D’autre part, un « Seoul-style Davos forum » davantage tourné vers l’économie et le leadership.
Cette annonce tombe au moment où la ville se prépare à accueillir en 2026 plusieurs congrès internationaux. En particulier, une conférence de premier plan en machine learning et le World Conference on Lung Cancer. Dès lors, l’objectif est clair : attirer davantage de grands congrès, de salons et de voyages incentives. Enfin, Séoul vise aussi à renforcer la visibilité internationale de la destination.
Deux rendez-vous signature pour installer des marques récurrentes
L’ambition est de passer d’une logique d’accueil à une logique d’édition : créer des formats capables de s’installer durablement dans le calendrier international. La ville parle d’un rendez-vous « façon CES » et d’un forum « type Davos », deux références qui renvoient à des événements structurants pour les écosystèmes innovation et décideurs.
Pour amorcer ces projets, Séoul annonce une enveloppe d’environ 5,8 millions de dollars. Cette approche s’inscrit dans une feuille de route MICE 2026. Dans le même temps, la capitale prévoit d’accueillir en 2026 plusieurs rencontres internationales, dont une conférence sur le machine learning et le World Conference on Lung Cancer.
Ce cadrage s’appuie aussi sur un argument de positionnement. La municipalité rappelle que Séoul a été classée en 2024 troisième ville mondiale pour l’accueil de conférences internationales (et numéro un en Asie) dans le classement de l’Union of International Associations, avec 180 conférences.
L’objectif affiché est désormais d’attirer davantage de grands congrès et de voyages incentive, en augmentant la part de participants internationaux.
Par ailleurs, la stratégie repose sur un ciblage sectoriel. Les autorités disent vouloir concentrer les efforts sur des événements liés à la médecine, l’ingénierie, les sciences et l’économie.
L’idée est de renforcer l’attractivité sur des communautés professionnelles déjà structurées, avec des retombées mesurables.
Dans cette logique, la municipalité évoque des aides pouvant atteindre 194 181 dollars par événement, couvrant l’appui à la candidature et l’accompagnement post-événement.
Pour les organisateurs, ce levier peut réduire le risque financier, mais il implique aussi d’aligner le contenu, le profil de participants et les livrables attendus sur les priorités annoncées.
Ce que le plan change pour les agences, PCO et prestataires internationaux
Le dispositif décrit une mécanique de mise en marché qui concerne directement les organisateurs. D’abord, Séoul veut renforcer la coopération public-privé via la Seoul MICE Alliance, opérée avec la Seoul Tourism Organization. Il ambitionne de promouvoir la destination sur les grands salons MICE en Amérique du Nord et en Europe.
Ensuite, la ville annonce des actions plus ciblées sur les incentives, avec un accent mis sur les grands groupes en provenance de Chine. Dès lors, la réussite repose autant sur la capacité à remplir que sur la fluidité opérationnelle. Notamment transport, hôtellerie, restauration, gestion des flux et expérience déléguée. Lors d’un événement à forte densité, ces briques pèsent autant que le contenu dans la satisfaction et la réinscription.
Sur le volet « qualité d’événements », la municipalité prévoit aussi un soutien dédié aux expositions et conférences internationales liées à ses secteurs prioritaires : jusqu’à 80 millions de wons et un accompagnement en conseil « sur mesure ». Cette combinaison peut intéresser les PCO et les agences : elle suggère que la ville veut sécuriser l’exécution (process, parcours, hospitalité), pas seulement soutenir la visibilité.
Enfin, Séoul indique que la croissance des visiteurs internationaux servira d’indicateur clé.
Pour les agences, cela revient à documenter, dès la phase de bid, une stratégie d’acquisition et des relais sectoriels capables d’internationaliser l’audience. À l’inverse, des événements à dominante locale pourraient être moins prioritaires dans l’arbitrage des aides.
La municipalité évoque aussi la volonté de proposer un environnement « work and leisure » plus lisible pour les voyageurs d’affaires. Pour les prestataires, c’est un marqueur : les expériences hors-site, la logistique et les services aux délégués seront évalués comme des composantes du produit événement, au même titre que la scénographie ou le programme de contenus.
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