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Sophie Hombert Aglaé

[Focus] Sophie Hombert, Aglaé : “éclairer les villes de demain avec une technologie verte”

Avec Aglaé, Sophie Hombert a créé un concept inédit de végétal luminescent. Aujourd’hui, Aglaé illumine les plus grands événements et revendique des valeurs portées vers la transition écologique. 

Aglaé, c’est au départ une idée un peu “folle” d’une jeune étudiante en design. Quelques années plus tard, la jeune société est devenue un acteur plébiscité du secteur de l’événementiel. Inspirée par le végétal depuis longtemps, Sophie Hombert a réussi à faire d’Aglaé ce qu’elle voulait : une startup innovante et engagée. Aujourd’hui, son concept de végétal luminescent est unique au monde. La jeune fondatrice nous raconte le parcours d’Aglaé et l’importance de la détermination dans un lancement de projet innovant. 

Comment vous est venue l’idée de créer Aglaé ? 

C’est une idée que j’ai eue pendant mon Master de fin d’études de design aux beaux arts de Rennes. J’avais exploité la thématique végétale. Le végétal, c’est une source d’inspiration illimitée en termes de design pour moi. Je me suis inspirée du biomimétisme. C’est un concept dont le but est d’imiter la nature et d’utiliser ses propriétés à des fins utiles.  Je me suis demandé comment ramener le végétal dans notre environnement et lui donner une place de choix. 

A ce moment-là, j’écrivais un mémoire qui s’appelait la domestication du végétal. A partir de ça, j’avais fait le constat qu’il fallait se rapprocher de la nature et donc lui attribuer un rôle utilitaire grâce à l’éclairage. C’est là que m’est venue l’idée d’expérimenter le végétal, pour permettre d’illuminer notre quotidien. Au début, c’était juste une idée, mais ce n’était pas fonctionnel du tout. Pour que ça le devienne, je me suis rapidement nouée avec des partenaires de l’Agro Campus Ouest puis l’ENS Paris quand je suis arrivée en Île-de-France.  

Ces partenariats m’ont permis non pas de déléguer les recherches, mais d’avoir des appuis techniques sur la façon d’expérimenter mes protocoles de recherches pour qu’ils soient complètement appliqués, expérimentaux et artistiques sur le végétal. Il m’a fallu entre six mois et un an pour sortir la formule d’aujourd’hui. Ça a été rapide parce que je suis allée au plus direct dans mes recherches. 

Aglaé

Après mon diplôme, j’ai travaillé dans une agence événementielle. Un jour, j’ai croisé un designer végétal qui a repéré mon book dans lequel il y avait le projet. Il a trouvé qu’il avait du potentiel. Je me suis dit qu’il avait peut-être raison, donc pourquoi ne pas lancer ma boîte? Après cette expérience en agence, j’avais envie de mener mes propres projets. 

J’étais frustrée de ne pas pouvoir le faire en agence. Finalement, je me suis testée sur un concours entrepreneurial, le concours Carrefour, que j’ai remporté. J’ai gagné le premier prix, mais à ce moment-là, je savais que je n’avais pas toutes les cartes en main parce que je n’avais pas fait d’école de commerce, je ne remplissais pas du tout les cases (rires). 

J’avais un parcours tellement atypique que je ne savais pas si ça allait plaire. Il se trouve que j’ai eu la totalité des votes en ma faveur, ça voulait probablement dire qu’il y avait un potentiel. Je me demandais encore s’il fallait que je crée une société ou que je me mette en freelance. J’ai tenté l’aventure en me disant que je n’avais rien à perdre et aujourd’hui, après trois ans, j’en suis là.

Au début, j’avais une formule qui n’était pas celle d’aujourd’hui. Elle n’était pas réellement biodégradable et complètement inoffensive pour le végétal. Ca me tenait à coeur que ça soit le cas. Au lancement, je me disais que si je n’arrivais à faire ça, je ne me lancerais pas, car ce sont des valeurs importantes pour moi. J’ai réussi donc je me suis lancée (rires). A ce moment-là, je me suis associée avec un investisseur qui était dans le jury du concours et qui a eu un coup de coeur pour le projet. 

Aujourd’hui nous sommes cinq. J’ai une docteur en chimie, une biologiste en stage, une scénographe designer, une business developer et je travaille aussi avec des freelances en design.

 

“le végétal est un médium dont on se sert pour exprimer notre art”

 

Comment convaincre les professionnels du milieu que votre solution va leur apporter quelque chose ? 

Très honnêtement, nous ne prospectons pas. Il y a beaucoup de prospects qui nous contactent. Comme nous travaillons beaucoup la communication, nous avons la chance d’avoir des projets très orientés dans ce que l’on veut faire. Ca, c’est très précieux. Il y a encore des gens qui nous demandent si nous faisons des mariages ou des choses pour les particuliers. Nous avons essayé, mais ça ne nous convient pas du tout. 

Nous ne sommes pas du tout fleuristes, on est vraiment des designers végétaux. On ne fait pas de bouquets, pas de classique, on fait de l’art. Nous concevons des espaces immersifs, on essaye de transporter les gens, de transformer les scènes pour en faire des choses à la fois innovantes et belles. Ce n’est pas pour dévaloriser les fleuristes, ils ont une réelle connaissance du végétal, mais à Aglaé nous voyons plutôt le végétal comme un médium dont on se sert pour exprimer notre art. On peut créer des couloirs immersifs comme nous l’avons fait pour Disneyland Paris, on peut travailler sur des lettrages végétalisés, etc. 

 

Aglaé Disney

Nous ne faisons que du sur-mesure. Aucun événement ne se ressemble. On veut monter en gamme et devenir de plus en plus premium. Travailler avec des agences événementielles de luxe et commencer à s’exporter à l’international. D’abord en Europe francophone et potentiellement les Emirats Arabes ensuite. Nous n’avons pas encore fixé les dates, mais ce sont des négociations partenaires en cours.

Quelles sont les clés du succès d’Aglaé ?

L’innovation, l’idée et l’ambition que nous avons derrière. Nous avons une ambition forte d’aller vers la transition écologique et d’éclairer les villes de demain avec une technologie verte. C’est au coeur de l’actualité, mais au coeur de nos engagements aussi. C’est vraiment un sujet de fond pour nous, ça fait partie de nos valeurs. 

Nous avons deux personnes qui travaillent dans la recherche. Ça va être amené à augmenter et ce n’est pas pour rien. C’est parce qu’on y croit, qu’on a des ambitions fortes et que ça parle aussi à nos clients, que ce soit événementiels, particuliers ou autres. 

 

“Trouver des solutions pour l’avenir”

 

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées en créant Aglaé ?

L’incertitude. “Je me lance, mais je ne sais pas dans quoi” (rires). On apprend tout sur le tas. J’adore apprendre, je suis hyper curieuse de tout. Le milieu de l’entrepreneuriat, que je ne connaissais pas du tout, me fascinait. Mais on se demande souvent si on ne va pas se casser la figure, si on va y arriver. 

Je n’ai pas fait d’école de commerce donc je me demandais comment faire pour réaliser des plans financiers, pour élaborer une stratégie commerciale. Pour y arriver, j’ai appris et j’ai réussi à m’accompagner. C’est très important d’être bien entouré. Il faut vraiment être terre-à-terre. Je le suis déjà dans la vie de tous les jours donc ça m’a aidé. 

Le management est aussi une difficulté qui croît. C’est particulier de sortir des études et de se retrouver à manager cinq personnes. C’est challengeant (rires). Mais c’est très gratifiant. On apprend tous les jours. Ce que j’aime, c’est le côté humain. J’adore travailler en équipe, j’ai toujours aimé ça. L’avantage d’une startup, c’est d’avoir cette liberté d’échange que l’on n’a pas forcément dans un grand groupe. Ici, nous travaillons tous ensemble dans un même espace. On privilégie l’intelligence collective. Pour une startup, c’est précieux. On va plus vite et plus loin ensemble. 

Aglaé

Est-il important pour vous de travailler avec des personnes qui partagent vos valeurs? 

Oui. Honnêtement, quand je recrute, c’est l’un de mes premiers critères. Les valeurs humaines. La première chose que je demande en entretien c’est “pourquoi vous nous avez choisi nous?”. Souvent, quand c’est un designer, c’est l’originalité, mais quand ça sort du design, c’est l’environnement, la proposition de trouver des solutions pour l’avenir, de faire partie de cette aventure et de se sentir impliqué. C’est ça qui est le plus important. Les personnes les plus motivées sont celles qui croient en notre discours et qui ont envie de participer à notre projet.

 

“Éclairer les plantes en racine”

 

Quelles sont les erreurs à éviter quand on lance un projet si innovant ? 

Vouloir aller trop vite. Vouloir dépenser trop vite son argent (rires). J’ai des exemples de personnes qui ont voulu dépenser trop vite sans avoir vraiment réfléchi. Il ne faut pas être trop impulsif. Faire attention à ne pas mal s’entourer. Mais nous avons beaucoup de propositions en tant que startup pour être accompagné.

C’est un peu le moment où les startups ont beaucoup de privilèges, d’opportunités de mentorats, de choses gratuites qui nous sont proposées. J’étais très étonnée du nombre de personnes qui voulaient nous aider uniquement par bienveillance. C’est assez dingue. Quand on a le culot d’entreprendre quelque chose d’improbable et de fou, ça encourage d’autres personnes à au moins s’y intéresser. 

Quelles sont les ambitions d’Aglaé à moyen terme ? 

Générer de la croissance, développer la boîte, développer l’équipe et se structurer. En ce moment, nous sommes en train de revoir notre stratégie de développement, qui change à peu près tous les six mois. A moyen terme, nous voudrions développer notre technologie et qu’elle devienne pérenne. Avant d’éclairer les villes, on voudrait que ça marche sur les plantes en racine de façon pérenne. On essaye de le faire pour la fin de l’année.

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