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[Focus] Florian, fondateur de Cispé : “La sécurité ne peut plus être ignorée ou reléguée à une tâche annexe”

Florian est le fondateur de CISPÉ, un centre d’ingénierie qui accompagne les organisateurs et les gestionnaires de site dans la sécurisation de leur événement.

La sécurité d’un événement est une donnée capitale mais trop peu abordée. Pour cause, la grande majorité des événements se déroulent sans incidents majeurs. La sécurité est donc considérée comme un poids pour l’organisateur, une dépense sans valeur ajoutée. Les attentats successifs en France depuis 2015 ont pourtant modifié considérablement le paysage de la sécurité des événements. Les attaques terroristes ont engendré une prise de conscience collective : les rassemblements de foules sont des cibles privilégiées. Dès lors, les organisateurs de manifestations se voient dans l’obligation de mettre en place des mesures sécuritaires toujours plus importantes.

C’est ainsi que CISPÉ intervient et assiste les organisateurs et les gestionnaires de site dans cette sécurisation. Après un parcours doctoral réalisé dans le cadre d’un contrat CIFRE, Florian, fondateur de CISPÉ, a décidé de créer son propre cabinet de conseil et de coordination en sécurité. Aujourd’hui, il nous explique l’importance des démarches qu’il mène avec CISPÉ et les particularités liées à la sécurité d’un événement.

Qu’est-ce que CISPÉ ?

CISPÉ est un centre d’ingénierie en sécurité qui accompagne ses clients organisateurs d’événements, gestionnaires de sites dans leurs démarches de sécurité. Le contexte actuel d’hyper sécurisation favorise une augmentation des contraintes organisationnelles. Trois éléments émergent : une augmentation significative des frais de sécurité depuis 3 ans, un besoin d’expertise métier de plus en plus complexe et une délégation de responsabilité toujours plus centrée sur l’organisateur.

La phase de préparation d’un événement est donc de plus en plus lourde et complexe. Ce sont les trois éléments ci-dessus qui nous ont amenés à intégrer ce marché de l’accompagnement.

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Petite parenthèse technique, quand nous parlons de sécurité, cela doit s’entendre au sens large. Cela comprend la sûreté : toutes les problématiques liées aux actes de prévention et de malveillance ; l’incendie et l’évacuation c’est-à-dire le respect de la législation des ERP (Etablissement recevant du public), le domaine du médical secours pour gérer tous les accidents corporels et enfin l’hygiène et sécurité pour le respect du Code du travail lors notamment des phases de montage et démontage.

Toujours dans cette volonté d’assistance, CISPÉ développe actuellement Secure Event Project. Ce logiciel – en cours de développement – devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Secure Event Project est un outil de pilotage qui permettra, à l’organisateur et au gestionnaire de site, de suivre et de mettre en place l’intégralité de sa démarche de sécurité. Cela va de l’évaluation des risques et des menaces à la formalisation de la chaîne de commandement tout en passant par la gestion du dispositif et des prestataires. Cet outil permettra de centraliser et de sécuriser l’information liée à l’événement. Ce logiciel en cours de développement devrait voir le jour d’ici la fin de l’année.

 

“Notre crainte, c’est la déclaration d’un mouvement de foule issu d’un incident mineur”

 

Comment vous démarquez-vous de la concurrence ?

Par un formalisme que peut-être d’autres n’ont pas. La sécurité nécessite une rigueur et toute la méthode de sécurisation doit être approuvée et réfléchie. Nous avons ainsi développé la méthode CISPÉ en 8 actions qui couvre l’ensemble du processus de sécurisation et permet de programmer et d’adapter chaque étape à chaque client. De plus, nous recrutons des ingénieurs expérimentés ayant une expérience terrain importante sur de grands événements et qui nous permettent de développer une véritable expertise de gestion, par exemple, celle du poste de commandement opérationnel.

A ce titre, nous avons pu gérer dernièrement un stade sur la dernière Coupe du Monde féminine, le défilé d’une grande marque de haute couture sur la Seine ou encore prochainement deux congrès internationaux, six concerts d’artistes internationaux…

Quelles sont les difficultés à sécuriser un événement?

La contrainte première est la forte concentration d’une population sur un lieu identifié ou non qui complexifie fortement toutes nos mesures de sécurisation. Notre crainte, c’est la déclaration d’un mouvement de foule issu d’un incident mineur. C’est pourquoi le législateur a créé depuis de nombreuses années une législation spécifique à la sécurisation des événements. Dans le contexte actuel, les préfectures imposent des contraintes réglementaires fortes quelquefois incomprises, mais avec un réel intérêt.

Le postulat de CISPÉ est que la rigueur de la méthode, la qualité des dossiers et l’expertise de l’équipe sécurité contribuent à une écoute attentive de l’Autorité Publique quant au dispositif proposé, d’optimisation des coûts de dispositifs et d’une meilleure prise en charge des risques et menaces.

Les organisateurs d’événements sont-ils conscients de ces risques ?

Nos clients en sont conscients, car le fait de faire appel à un cabinet de conseil prouve qu’ils ont pris la mesure que la sécurité est devenue une fonction clé dans l’organisation des événements. La problématique se pose surtout pour les événements de taille intermédiaire ou modeste. L’organisateur est confronté à une difficulté budgétaire à faire intervenir un cabinet de conseil ou dans certains cas n’a pas la sensibilité et la connaissance de sa responsabilité et de ses obligations légales et réglementaires. Il est rarement au fait de la réglementation, qui, il est vrai, est en constante évolution.

Dans ce cas, c’est souvent la Préfecture qui les aiguille. L’organisateur devient alors dépendant des contraintes préfectorales. Dans notre volonté d’anticipation et d’être force de propositions, la logique est inverse. En effet, lorsque nous réalisons nos réunions de présentation en préfecture, nous pouvons ainsi justifier notre dispositif et trouver le point d’équilibre risque/coût. C’est toujours cette balance-là qui est en jeu.

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Par ailleurs, une véritable prise de conscience a lieu pour les nouveaux organisateurs d’événement. Afin de savoir si leur événement peut être viable économiquement, il nous arrive régulièrement d’être sollicités en phase de réflexion. Nous anticipons alors les coûts liés à tous les aspects de la sécurité dans leur budget prévisionnel. Et en phase de pilotage et de coordination, il nous arrive que l’organisateur nous délègue l’entière responsabilité de la fonction sécurité afin que lui-même puisse se recentrer sur des fonctions marketing, logistique, relations publiques…

 

“La sécurité ne peut plus être ignorée ou reléguée à une tâche annexe”

 

Quels sont les points clés du dispositif de sécurité sur un événement ?

Trop souvent, les organisateurs veulent créer le dispositif de sécurité pour connaître le coût y afférant avant même de réfléchir stratégie. A mon sens, l’évaluation des risques et des menaces est la première action à mettre en œuvre. Il convient ensuite d’organiser sa chaîne de commandement et de responsabilité pour mettre en œuvre l’ingénierie de sécurité. Mais pour cela, encore faut-il obtenir toutes les informations liées à l’événement comme la typologie du public, le choix du site la programmation des animations ou encore  l’environnement socio-économique. Tous ces éléments périphériques ont une influence sur la sécurité. Il faut arriver à les intégrer avec les autres services de l’organisateur. La sécurité impacte la plupart des autres actions.

Pensez-vous que les modèles actuels freinent les organisateurs à investir le budget nécessaire à la sécurisation d’un événement ? 

Bien évidemment, chaque cas est unique. Cependant, notre crainte est la disparition d’événements sportifs, culturels et populaires ou un manque d’attractivité de la France à l’accueil d’événements de moindre ampleur que les Jeux Olympiques.

En effet, les contraintes sécuritaires et donc de coût sont extrêmement pesantes sur les budgets des organisateurs. Il faut donc réussir d’une part à diminuer les coûts de sécurité et d’autre part à trouver de nouvelles sources de recettes. Les modèles économiques vont donc être contraints d’évoluer et de nouvelles charges pourraient s’imposer aux organisateurs.

Ces dernières années, la fonction sécurité a pris une ampleur importante au sein des organisations, aussi bien par une prise de conscience collective que par un besoin d’équilibre financier. La sécurité d’un événement ne peut plus être ignorée ou même reléguée à une tâche annexe. Le nombre de formations qualifiantes pour le middle management en est la preuve.

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