L’International Congress and Convention Association (ICCA) lance le développement d’un outil mondial pour mesurer l’impact des congrès associatifs internationaux. Baptisé Global Impact Measurement Tool, ce projet veut mieux évaluer les retombées sociales, scientifiques et économiques de ces événements.
Jusqu’ici, le secteur s’appuie surtout sur des indicateurs touristiques comme les nuitées ou les dépenses directes. Or, ces données au service de l’évènement ne montrent qu’une partie de la valeur créée. L’ICCA veut donc proposer un cadre plus large et plus structuré. L’organisation doit présenter de nouveaux éléments lors de l’ICCA Plenary organisée à IMEX Francfort le 18 mai 2026.
Pourquoi l’ICCA veut sortir les congrès du simple bilan hôtelier
L’ICCA part d’un constat simple. Le secteur mesure encore souvent la valeur des congrès à travers leurs effets immédiats sur l’hôtellerie, la restauration ou les transports. Cette lecture reste utile, mais elle ne suffit plus. Elle ne montre pas toujours ce qu’un congrès apporte à une filière, à une destination ou à une communauté professionnelle.
L’association veut donc élargir le cadre. Son futur outil doit aider à mieux suivre la contribution des congrès à l’innovation, au partage des connaissances, à l’attractivité des talents et au progrès social. L’idée n’est pas de remplacer les indicateurs économiques classiques. L’objectif consiste plutôt à ajouter d’autres critères pour mieux refléter la valeur réelle de ces rencontres B2B.
Pour les destinations, les agences et les bureaux de congrès, l’enjeu est concret. Un tel outil pourrait renforcer un dossier de candidature. Il pourrait aussi aider à structurer un discours de legacy plus crédible. Enfin, il permettrait de comparer plus finement les effets d’un congrès d’une édition à l’autre.
À ce stade, le marché ne dispose pas encore d’un standard prêt à l’emploi. En revanche, le signal est clair. Les acteurs du secteur ne peuvent plus se limiter au nombre de participants ou de nuitées. Ils doivent aussi mieux documenter ce que l’événement transmet, produit et laisse sur place.
Ce que ce futur outil peut changer pour les agences et les destinations
L’ICCA s’appuie sur plusieurs partenaires pour donner du poids à ce projet. Cinq destinations cofondatrices participent au développement : Barcelone, Copenhague, les Flandres, Sydney et Tokyo. L’organisation travaille aussi avec des chercheurs issus de l’University of Technology Sydney, de BI Norwegian Business School et de la Norwegian School of Economics. Elle veut ainsi construire une méthode solide, ancrée dans la recherche et utile pour le terrain.
Le calendrier est déjà fixé. L’ICCA vise une livraison à mi-2028 pour un outil validé. D’ici là, le secteur entre dans une phase de construction méthodologique. Les professionnels ne disposent donc pas encore d’un référentiel finalisé. En revanche, ils peuvent déjà anticiper une attente plus forte autour de la preuve et de la mesure d’impact.
Pour les agences évènementiels, cela peut faire évoluer la manière de concevoir un événement. Pour les destinations, cela peut renforcer les arguments avancés dans les candidatures. Pour les prestataires, cela peut aussi ouvrir la voie à de nouveaux indicateurs de suivi. Le sujet ne porte donc plus uniquement sur la fréquentation ou les retombées immédiates. Il porte de plus en plus sur la trace laissée par le congrès dans son écosystème.
Cette initiative s’inscrit d’ailleurs dans une tendance plus large. Dans l’événementiel, les résultats mesurables prennent une place croissante. Dès lors, l’outil porté par l’ICCA pourrait aider le marché à parler un langage plus commun. Pour beaucoup d’acteurs, la question n’est plus seulement de compter. Elle consiste désormais à mieux démontrer l’impact réel des congrès.
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